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  • Photo du rédacteurLe Lys

Regards sur la méditation

"Les études consacrées aux effets des pratiques méditatives présument que tous les sujets étudiés méditent. Les maîtres de méditation n'ont pas ce postulat. Ils opèrent dans une expérience vivante, ils savent que leurs étudiants ne méditent pas mais qu'ils tentent de méditer - la différence est fondamentale. Une même technique de méditation peut en effet résonner tout à fait différemment selon les personnes : elle peut être source d'apaisement pour les uns, source d'anxiété ou de difficulté pour les autres. Car l'homme n'est pas un matériel, il est aussi tissé de sensations, de désirs et d'émotions. Chaque technique résonne de façon particulière selon l'histoire physique et psychologique des individus. L'assiduité, l'ancienneté ne sont même pas les garants d'une méditation "réussie"." Extrait de S'asseoir tout simplement, l'art de la méditation zen d'Eric de Rommeluère


Dans Le mythe de la liberté et la Voie de la méditation, le maître tibétain Chögyam Trungpa présentait ainsi la méditation : "la méditation ne consiste pas à essayer d'atteindre l'extase, la félicité spirituelle ou la tranquillité, ni à tenter de s'améliorer. Elle consiste simplement à créer un espace où il est possible de déployer et défaire nos jeux névrotiques, nos auto-

illusions, nos peurs et nos espoirs cachés. Nous produisons cet espace par le simple recours à la discipline consistant à ne rien faire. A vrai dire il est très difficile de ne rien faire. Il nous faut commencer par ne faire à peu près rien, et notre pratique se développera graduellement. Ainsi la méditation est-elle un moyen de brasser les névroses de l'esprit et de les utiliser comme partie intégrante de la pratique. Pas plus que le fumier, nous ne jetons ces névroses au loin ; au contraire, nous les répandons sur notre jardin, et elles deviennent partie de notre richesse."


L'air du temps promeut la méditation comme une nouvelle technique de gestion de soi et de développement personnel afin de se conformer toujours un peu plus aux injonctions sociétales qui voudraient rendre l'individu seul responsable de son bonheur ou de son malheur. La véritable pratique est tout au contraire l'expérience vécue et sensible de tout ce qui nous aliène, nous entrave, nous asservit. L'opportunité d'un déconditionnement

salvateur, la possibilité du dévoilement de toutes les impostures contemporaines. En ce sens seulement la méditation est un acte plus que jamais libérateur. Ne cédons pas à l'air du temps...

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